Mexique

Rédigé par Martine - -





Lundi 21 janvier



Nous sommes au Mexique depuis la nuit dernière, c’est-à-dire 02h00h du matin, heure suisse, et 19h00, heure mexicaine. Hier, nous avons donc eu une longue journée passée dans l’avion puis, nous avons joué les prolongations à l’arrivée: une interminable attente à la douane nous a tout de suite réappris à être patients. Et tout cela, sans imaginer, qu’il fallait encore une trentaine de minutes pour arriver à l’hôtel. Le temps de prendre l’apéritif de bienvenue et nos clefs, nous étions dans nos chambres. Nous ne pensions qu’à dormir et pourtant l’attente du sommeil fut longue: le bruit de l’avenue de la Reforma à cette heure de la soirée était encore tonitruant: motos pétaradantes, chauffeurs surexcités klaxonnant, police en service, sirènes stridentes, ont retardé durablement l’endormissement.

D’autre part, nous pensions qu’il ferait plus chaud que les 3 ou 4 degrés nocturnes annoncés par notre guide. Le drap très mince et la couverture qui n’était guère plus épaisse , nous ont obligées à enfiler la polaire emportée. Cependant, la perspective de voir toutes les richesses archéologiques de ce pays et de le découvrir tout simplement nous ont vite fait oublier ces petits désagréments.



Notre hôtel


Les voyageuses prêtes à découvrir la ville.



Mardi 22 janvier

Réveil à 04h30 ! Ce n’est pas dans mes habitudes. Nous avons assez dormi… nous prenons une douche très chaude pour réchauffer nos vieux os et nous sommes en pleine forme pour entamer cette journée de visite à Mexico City: musée d’anthropologie et ensuite balade et visite dans le centre historique.

Mais, avant tout, belle découverte des produits du terroir au petit déjeuner qui est en fait un repas en soi. Comme à mon habitude, je goûte…: galettes de maïs, œufs brouillés pimentés, purée de haricots, guacamole et j’en passe. Le beurre et le miel sont relégués sur une table à peine visible. Moi, ça ne me dérange pas! Et, dans notre périple à travers le Mexique, nous aurons l'occasion de découvrir nombre de spécialités régionales savoureuses.

Le musée national d’anthropologie, construit près du parc de Chapultepec, est pour moi une belle réussite d’un architecte mexicain, Pedro Ramirez Vasquez. Les salles, dédiées à chacune des cultures méso-américaines donnent toutes sur un immense patio central que l’on retrouve à chaque fois que l’on change de civilisations. Je croyais ce musée très récent au vu de son architecture avant-gardiste et pourtant il a été inauguré en 1964 déjà.




Le patio central


Le grand Parapluie, symbolise un arbre de vie entouré d'un rideau de pluie


Grâce aux explications de notre guide, nous nous familiarisons avec les anciennes civilisations avant de nous rendre sur les sites et régions où elles ont laissé des traces. Cette idée est excellente. Mais, en une demi-journée, pas évident de retenir le nom de tous ces peuples pré-colombiens qui ont marqué ce pays de leur empreinte.



La pierre du Soleil, calendrier aztèque


Anneau du jeu de balle rituel

Nous retournons au centre ville. Au fil des rues empruntées par notre car, il n’est pas toujours évident de déceler du charme à cette mégapole. Quel contraste entre le centre ville moderne et les quartiers périphériques!






Cependant, après un repas pris en ville, nous découvrons le centre historique de Mexico et là, la ville s’est parée de monuments et d’habitations remarquables. Dommage qu’elles jouxtent d’autres bâtiments moins intéressants. Nous faisons une halte au Palacio Nacional pour admirer les fresques (épopée du peuple mexicain) de Diego Rivera qui illustrent les grands épisodes de l’histoire du pays. Mais il faut les explications précieuses de notre guide pour repérer tous ces événements sur cette immense BD.




Tenochtitlan, l'ancienne capitale aztèque

En fin d’après-midi, nous attardons sur la place de la Constitution (le zocalo) où a lieu la descente du drapeau mexicain avec tambours et trompettes.



Nous entr'apercevons les vestiges du temple Mayor, le plus grand lieu de culte aztèque. Se représenter l'endroit au temps de cette civilisation requiert un gros effort d’imagination car il ne reste que des ruines. D’ailleurs, de la ville de Technochtitlan, peu de choses ont été mis à jour par les archéologues puisque la nouvelle ville s’est superposée à l’ancienne cité détruite par les Espagnols.



Mercredi 23 janvier
Nous quittons Mexico pour la banlieue et la basilique Notre-Dame de Guadalupe.C’est le plus grand complexe religieux d’Amérique latine. En fait, deux églises se côtoient : l’ancienne basilique baroque datant de la fin du 17ème siècle s’affaissant progressivement et la nouvelle dessinée par le même architecte, Pedro Ramirez Vasquez, qui a construit le musée d’anthropologie.





En tant d’occidental, on a de la peine à comprendre que l’on puisse encore construire des lieux de culte aussi démesurés mais le peuple mexicain à 98% catholique est très pratiquant et les églises remplies de fidèles à toutes heures du jour.



Une messe a d’ailleurs lieu toutes les heures dans la nouvelle basilique de Notre-Dame. Mais la ferveur atteint son paroxysme le 12 décembre , fête de la Vierge de Guadalupe.

Nous continuons notre route pour arriver à Tula. Le sentier qui conduit au site est bordé de très beaux cactus qui offrent un aperçu des innombrables variétés poussant au Mexique.







Et, au détours du chemin, je vois enfin, en vrai, un jeu de pelote. Le premier! Peut-être pas le plus impressionnant mais le premier!



Petite explication : ce jeu de balle était un sport rituel, parfois suivi de sacrifices. Il a connu son apogée chez les Mayas. Il se pratiquait entre 2 équipes avec une balle de caoutchouc. Le but du jeu était, sans s'aider ni des mains, ni des pieds, de passer la balle à travers un anneau de pierre.

Tula (Tollan, son nom ancien) est l’ancienne capitale du royaume toltèque qui fut détruite au 12ème siècle dans des circonstances non encore élucidées. Ces habitants se disperseront dans la vallée de Mexico et même au-delà. Mais leur civilisation continuera de diffuser sa culture. Les Aztèques en seront de fervents admirateurs.


Temple de l'étoile du matin, Tlahuizcalpantecuhtli


Les 4 atlantes de 5m de haut dont le regard continue d'intriguer le visiteur

Pour moi, la grande découverte de la journée, c’est le site de Teotihuacan. Je ressens quelque chose de très fort: l’endroit est gigantesque, les édifices figés ainsi dans un paysage demi- désertique frappent l’imagination . J’ai été encore plus impressionnée que je ne l’aurais pensé, surtout par les pyramides (temples) du Soleil et de la Lune.


Chaussée des Morts et pyramide du Soleil

La pyramide du Soleil est la plus grande construction du continent avec ses 225m de côté et ses 65 m de haut. Nous accédons au sommet de chacune d’entre elles… et cela demande un effort. Je m’aperçois à ce moment-là que nous sommes à plus de 2000 m d’altitude, j’ai le souffle un peu court en arrivant en haut. Mais quel spectacle! Nous passons de l’une à l’autre par la Chaussée des Morts (Calzada de los Muertos), longue artère bordée de socles qui supportaient autrefois des temples.


Pyramide (temple) du Soleil


Il fallait immortaliser ce moment ! au fond, pyramide de la Lune


Pyramide (temple) de la Lune


Jeudi 24 janvier

Nous quittons Mexico et cela prend déjà un certain temps. La ville et sa banlieue comptent 24 millions d’habitants; des maisons se succèdent pendant des kilomètres et s’accrochent à toutes les collines qui entourent la ville. On a l’impression qu’on ne sortira jamais de cette agglomération tentaculaire.



Nous nous arrêtons d’abord à Cholula où nous pénétrons dans l’une des plus grandes pyramides du Mexique mais… on ne la repère pas. On ne voit qu’une colline qui n’en est, en réalité , pas une. La pyramide a disparu sous la végétation, seule une partie a été dégagée...





... et les Franciscains ont construit à son sommet une église. Nous assistons à une procession haute en couleur et en musique et nous pouvons ainsi mesurer, une fois de plus, la grande ferveur religieuse des Mexicains.





Nous rejoignons Puebla à la mi journée. Cette ville, fondée par les Espagnols vers 1531, est vite devenue une cité prospère. L’art de la céramique s’y est développé et, aujourd’hui encore , les ajuleros recouvrent les façades et les coupoles.



A peine nos valises déposées à l’hôtel, nous partons à la découvert de ce patrimoine historique. Nous nous attardons à la bibliothèque Palafoxiana du nom de l’évêque qui en est à l’origine grâce à un legs de milliers de volumes et d’incunables. Gravement endommagée suite au tremblement de terre de 1999, elle a rouvert après des années de travaux et c’est un petit bijou!



Vendredi 25 janvier

La journée débute par un long déplacement, environ 04h00 de route de Puebla à Oaxaca. Le paysage qui défile sous nos yeux est très diversifié : terres cultivées alternant avec des zones plutôt arides à la végétation chétive.





En quittant Puebla, nous apercevons encore les volcans Popocatepetl, en activité, et l’Iztacccihuati, « la femme couchée », tous deux culminant à plus de 5000m.


"La femme couchée"


Le popocatepetl

Nous arrivons en début d’après-midi et commençons la visite de Oaxaca. Les Espagnols y ont édifié des églises et de riches demeures coloniales. Je ne vais pas les décrire mais relever uniquement la richesse de l’ornementation intérieure.

Le marché artisanal est coloré et empreint de maintes senteurs plus ou moins agréables.





Le détour par un chocolatier (le Mexique est un grand producteur de cacao) occasionne quelques achats de même que le passage près des vendeurs de petits sacs à main tissés.

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Notre guide au comptoir du chocolat

La journée se termine sur le zocalo où nous prenons l’apéro. Sympathique, cette place un vendredi soir. Les Mexicains sont de sortie et il y règne une grande animation: vendeurs , musiciens s’égosillent …. Nous apprécions cette soirée avec une température quasi estivale en pensant à la neige qui a fait son apparition en Suisse.

Samedi 26 janvier



Montée au site de Monte Alban à quelque 2000m d’altitude. Le lieu, qui n’est pas encore envahi de touristes, est paisible et, bien que très austère, est plein de charme. Sa fondation reste énigmatique. Pourquoi avoir construit un cité aussi loin de l’eau et de terres cultivables? Il s’agit peut-être simplement d’un centre administratif et religieux.


On dirait que je suis fascinée par le jeu de pelote!




Un arrêt à Santa Maria el Tule s’impose pour admirer un vieux cyprès de plus de deux mille ans. Pourquoi s’arrêter pour voir un arbre ? Mais c’est une merveille! Avec ses 40 m de hauteur et ses 58 m de circonférence, il est impressionnant.




Le cyprès


Joli petit minois croqué au passage!

Notre route nous conduit ensuite au village de Tlacochahuaya pour y admirer le couvent et l’église de San Jeronimo construite à la fin du 16e siècle par les Dominicains.



Magnifique, je suis sous le charme des fresques exécutées par des artistes zapotèques.



Ensuite, brève visite du site de Mitla. Les Espagnols, une fois de plus, ont érigé leur lieu de culte à l’emplacement du site sacré de leurs prédécesseurs.



Longue route jusqu’à Tehuantepec mais vraiment longue route, environ 4h à travers les montagnes.. c’est interminable. Nous traversons la Sierra Madre del Sur et nous avons l’impression de ne jamais arriver à destination. La route est très sinueuse et peu agréable pour les estomacs.

Dimanche 27 janvier

Nous passons à nouveau la matinée dans le car. Ce n’est pas rigolo mais les distances séparant les différents sites du Mexique sont interminables et nous devons supporter ce désagrément. Nous en profitons pour visionner un film sur l’histoire de trois jeunes migrants guatémaltèques. En effet le car est équipé d’écrans… on n’arrête pas le progrès ! Il faut aussi dire que notre guide nous donne plein de renseignements sur son pays et c’est passionnant.

Nous arrivons dans l’Etat du Chiapas dont la richesse dépend principalement de l’agriculture; on y produit, en autre, cacao et café, en particulier pour Nestlé. La deuxième activité la plus importante est le tourisme.

San Cristobal de las Casas est considérée comme la capitale culturelle et Tuxla Gutierrez étant la capitale officielle.

80% des habitants de cet état sont d’origine maya.



Ils ont longtemps été les oubliés du pays. Mais, dès 1994, les autorités mexicaines prennent conscience de leur existence et investissent pour doter les villages de nouvelles infrastructures : écoles, dispensaires, construction d'un réseau électrique...

Nous nous arrêtons au village de Chiapa del corso où, avant d’aller manger, nous admirons, au centre du zocalo, une fontaine surmontée d'une coupole d'origine mudéjar...



...et une petite fille fouillant dans les affaires de sa mère.


L'excursion au canyon de Sumidero, l'un des sites naturels les plus spectaculaires du Mexique, est quelque peu expéditive.



En effet, les pilotes des barques à moteur décélèrent à peine pour nous montrer un ou deux crocodiles, quelques singes-araignées et rapaces bien nourris et attendant les touristes que nous sommes, armés d'un appareil de photo.





Difficile de contempler le paysage dans ces conditions. Dommage! car le parcours est absolument superbe malgré la pluie qui s'est mise à tomber.

En fin de journée, nous arrivons à San Cristobal de las Casas. En nous baladant, nous sommes séduits par le cachet colonial de cette cité. D'où tient-elle son nom ? A partir de 1544, elle eut pour évêque Bartolomé de las Casas, le "protecteur des Indiens" en l'honneur duquel elle porte ce nom. Mais, malgré ce dernier, les Espagnols continuèrent d'infliger des sévices inhumains aux autochtones.



Lundi 28 janvier

Nous visitons deux villages mayas. Tout d'abord, San Juan de Chamula à quelques kilomètres de San Cristobal. C'est le centre de la communauté des Tzotziles qui a su préserver son mode de vie. Les habitants se consacrent à la culture du maïs et surtout à l'artisanat devenu leur principale resssource.


Le village


Le marché sur la place centrale

L'organisation du village est très hiérarchisée. Des autorités élues par les habitants, fonctionnaires et chef de village, sont responsables de la gestion, de la justice.


En costume, deux policiers!

L'autorité religieuse est incarnée par le chaman. La grande majorité des Indiens a adopté un syncrétisme religieux où cohabitent le catholicisme et les rituels ancestraux.



Dès qu'on franchit la porte de l'église San Juan Bautisto, on est surpris par une ambiance irréelle : pas de bancs mais, au sol, de l'herbe et des centaines de bougies qui éclairent des fidèles venus vénérer les statues des saints alignées le long des murs et consulter le chaman afin de libérer des maux du corps et de l'esprit. Ici, point de prêtre! Il n'a l'autorisation d'entrer dans l'église qu'une fois dans l'année, le 24 juin, pour baptiser les enfants. Ici, pas de photo, si ce n'est de l'extérieur!

A San Lorenzo de Zinacantan, notre guide nous emmène dans une maison traditionnelle. L'occasion nous est donnée de voir une femme tisser au moyen du métier à tisser traditionnel et, surtout, de nous régaler de galettes encore tièdes.



Dans la soirée, nous assistons à un spectacle de danses mexicaines exécutées par des étudiants. Beau spectacle mis à part le fait que les spectateurs sont invités à danser ce qui n'est pas du goût de chacun!


Mardi 29 janvier

Nous quittons San Cristobal de las Casas pour Villahermosa. Nous visionnons en route le film « Frida ». Il s’agit d’un long métrage biographique sur Frida Kahlo et Diego Rivera. Le rôle principal est tenu par Salma Hayek, elle-même d’origine mexicaine. C’est captivant et ça passe le temps.

A Villahermosa, nous visitons le parc archéologique de La Venta. Au milieu d’une végétation luxuriante, sont disséminés des autels et des têtes colossales olmèques. De 1200 à 400 av. JC, les Olmèques ont occupé un site perdu dans des marécages à une centaine de kilomètres de Villahermosa et c’est ce qui l’a protégé jusqu’au 20e siècle. L’état de Tabasco dans lequel nous nous trouvons est riche en pétrole et c’est au moment de commencer l’extraction de cet or noir à cet endroit qu’on a découvert ces trésors rassemblés dorénavant dans le parc de La Venta.





Nous avons l’occasion d’observer dans toute cette verdure un magnifique ceiba, l’arbre sacré des Mayas. Le tronc de cet arbre est creux: l’énergie peut passer de la terre au ciel.




Nous ne nous attardons pas trop car nous devons encore rejoindre Palenque ce soir.


Mercredi 30 janvier




Visite du site de Palenque . Nous y sommes en début de matinée et il y a peu de monde. Voir tous ces temples au milieu de cette végétation exubérante, c’est magique! Un profond sentiment de plénitude, de sérénité m’envahit. Même sans explications, c’est beau!







Pendant les longs déplacements en car, Ivonne, notre guide mexicaine, ne ménage pas ses efforts pour nous parler des multiples aspects du Mexique. Aujoud’hui, elle nous renseigne sur la famille mexicaine.

Nous apprenons qu'elle se compose en général de deux enfants. Aujourd'hui, souvent, comme chez nous, les deux parents travaillent et c'est une des grands-mères qui garde les enfants. Les filles restent à la maison jusqu'à leur mariage et les garçons leur font la cour leur offrant fleurs et chocolat. Le moment venu, une demande officielle doit être faite au père de la jeune fille. Le mariage est civil et religieux ou l'un ou l'autre. Depuis les années 2000, certains couples décident de vivre ensemble sans se marier.


Jeudi 31 janvier





Visite du centre historique de Campeche entouré d’une muraille en partie reconstruite, muraille destinée autrefois à protéger la ville des pirates. Nombre de maisons ont retrouvé leur polychromie d’autrefois et c’est un régal pour les yeux.



Nous nous promenons près de la cathédrale, sur le zocalo et nous visitons la maison de la famille Carjaval. Peu de touristes dans le coin et pourtant Campeche est inscrite au patrimoine de l'Unesco.



La journée ne fait que commencer. Un premier arrêt s’impose à Kabah, site maya peu connu et peu visité mais qui présente un intérêt certain.

Cette ville maya soumise à l'autorité d'Uxmal réserve une belle surprise: le palais de Codz Pop (natte enroulée), exemple de l'architecture Puuc. Ce style architectural se caractérise par une décoration fondée sur la symétrie qui court le long des façades des bâtiments.



Sur la façade ouest du palais, près de 250 masques de Chaac (dieu de la Pluie) sont alignés en une véritable litanie. L'omniprésence des masques s'explique par la rareté de l'eau dans la région. Les Mayas dépendaient uniquement de la pluie. Il fallait donc honorer le dieu.



Quelques 30 km plus loin, nous nous arrêtons sur le fabuleux site d' Uxmal qui fait partie des trois centres cérémoniels du Yucatán. Son nom vient d'un mot maya "trois fois constuite ou recommencée". Ainsi la pyramide du Devin, qui surgit devant nous dès l'entrée, fut plusieurs fois, surélevée.




Grand escalier bordé de masques de Chaac


Palais du gouverneur, construit au 9e siècle, à la décoration éblouissante.

Après le repas...



... nous continuons vers Merida, étape du jour. Nous y arrivons vers 17h00 et partons flâner au centre ville.

Les curiosités abondent dans cette ville mais Merida n'est qu'une brève étape pour nous.


La première cathédrale achevée sur le continent en 1598

Danielle et moi, nous offrons une margarita… très corsée ! L’ambiance en fin de journée est festive dans ces villes mexicaines. Les gens sont dehors, en famille. Nous profitons de cette chaude soirée en occultant ce qui nous attend en Suisse.

Vendredi 01 février


Casa Montejo : magnifique façade, exemple rarissime de l'architecture civile du 16e siècle.

Après la visite du centre ville et de la maison de la famille Montejo, nous décidons de prendre encore le temps de boire un café mais comme il n’y a pas de table de libre dans le restaurant que nous avons choisi et tandis que nous nous éloignons, un charmant monsieur nous invite à sa table. Nous échangeons quelques mots et nous découvrons qu’il connaît bien la Suisse. Il y a passé 22 ans avant de revenir au pays pour y ouvrir une agence de voyage.

Nous quittons Merida pour Chichen Itza.

Notre hôtel se trouve près de la zone archéologique et, depuis l’entrée, nous voyons ce que l’on appelle l’Observatoire. C’est magique!


Caracol (Escargot). Cette tour servait donc d'observatoire astronomique. Elle doit son surnom à l'espace intérieur constitué de 2 couloirs circulaires concentriques. Plusieurs fenêtres de visée permettaient de suivre Vénus, dont la position déterminait l'activité militaire.

Nous commençons notre visite du site en début d’après-midi. C’est un des endroits que je me réjouissais de voir. Dommage que les conditions de visite soient tellement peu propices à l’enchantement. Nous sommes harcelés par les vendeurs de babioles qui occupent les chemins d’accès et les hordes de touristes qui viennent à la journée depuis Cancún . C’est la braderie!





Juego de Pelota : Le terrain le plus grand de Méso-Amérique (168 m de long et 70 m de large) avec ses anneaux encastrés dans les tribunes. Lieu d'exploits sportifs mais aussi de sacrifices!


Ivonne nous parle du vieux Chichen, important centre politique, économique et religieux. Le site est impressionnant et très bien conservé. Il n'a pas encore tout dévoilé de ses secrets; beaucoup d'énigmes sont encore non élucidées.

Nous nous attardons enfin devant la pyramide (temple) de Kukulcan. Tout le monde la connaît! Elle apparaît sur tous les catalogues touristiques et doit aussi sa notoriété grâce à "Tintin et les Picaros". C'est une merveille d'équilibre et d'harmonie dans ses proportions.



Avant de quitter le site, chassées par les surveillants, nous nous attardons quelques instants près du puits où les Mayas jetaient des jeunes filles en offrande aux dieux.


Le puits sacré, large gouffre ouvert vers l'inframonde.Pour contenter les terrifiantes divinités, on leur jetait des offrandes... on y a retrouvé des ossements

Dommage que le site ne soit pas ouvert le soir afin de pouvoir profiter en toute tranquillité de ce lieu fascinant.

Samedi 02 février

Dernier jour, réveil assez mouvementé! Danielle découvre un petit scorpion sous sa moustiquaire... elle n'est jamais sortie si vite de son lit.





Départ à l’heure habituelle pour Tulum, ultime site à découvrir avant de prendre l’avion en fin de journée. Il fait très chaud. Bien que nous soyons en bord de mer… pas la moindre brise ! L'emplacement de Tulum , au bord de la mer des Caraïbe est idyllique mais... le lieu est envahi, malgré l'heure matinale, par les hordes de touristes en provenance de Cancun. Difficile donc d'apprécier à leur juste valeur ces petits temples et autres bâtiments au milieu de ces vendeurs de bibelots et de cette foule en maillot de bain!





Nous prenons notre ultime repas mexicain dans un charmant restaurant du village : galette bourrée de crevettes et fromage frais.

Dernier trajet en car pour l'aéroport de Cancun.

Nous quittons le Mexique. J'y aurai passé une quinzaine de jours...


Il y avait tant à voir... Le Mexique recèle un patrimoine titanesque tel qu'on ne peut que le survoler mais je peux dire que j'y ai fait de belles découvertes non seulement les sites archéologiques mythiques des civilisations précolombiennes mais aussi les villes coloniales et leur charme indéniable et... tout cela, sans ressentir la moindre insécurité dans les lieux où nous nous sommes promenés ou attardés. Un beau voyage réussi!




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Berlin

Rédigé par Martine - -






Prologue

Durant mon séjour, je n'ai eu qu'un aperçu de la capitale allemande. En effet, j'ai choisi d'aller à la rencontre de l'Histoire. Je me suis donc concentrée plus particulièrement sur le centre historique et j'ai dû naturellement faire des choix parmi les musées ne voulant pas tout faire au pas de course. Je me suis dit : "j'y reviendrai".

Vendredi 24 novembre 2017

Voilà, c’est parti! Depuis le temps que je le prépare ce voyage à Berlin! Je suis dans le « Nightjet » en partance pour la capitale allemande. J’ai trouvé ma cabine située dans les entrailles du wagon. Elle se situe presque à la hauteur des rails. Eh oui, on est soit en haut, soit en bas dans ces trains à deux étages ! Ça ne change rien au problème : à peine en route, on est bringuebalé à droite et à gauche et le bruit se révèle être aussi un facteur d’insomnie… Je reçois une petite bouteille de Prosecco et des boules Quies pour diminuer les nuisances du voyage et, étant plutôt optimiste, je pense que je vais bien dormir. Objectif moyennement atteint!

Samedi 25 novembre 2017

Pas besoin d’aller très loin pour assister aux grands chambardements que vit Berlin depuis la chute du Mur. Dès la gare centrale, la plus grande d'Europe, on s’en aperçoit. Où que l’on aille, ce ne sont que chantiers, échafaudages . Partout on rénove, on construit ou reconstruit. La vue est sans cesse perturbée par une grue ou une excavatrice et le bruit inhérent à ce genre de travaux accompagne le touriste partout lors de ses pérégrinations à travers la ville. Voilà pour l'introduction!

Après avoir déposé mes bagages à l’hôtel, il est 06h00 du matin, il fait encore nuit et il pleut à verse. Ma première tentative pour quitter la gare centrale sans le précieux accessoire qu’est un parapluie se révèle désastreuse … je me résous à rebrousser chemin et à acheter un pépin . Ce n’est pas le premier, j’en ai déjà une belle collection!

Munie de ce précieux objet mais qui se révélera aussi encombrant, je me rends dans le quartier du Reichstag.



Le bâtiment principal, lieu des délibérations du parlement allemand, incendié en 1933, bombardé pendant la deuxième guerre mondiale, fut, pendant 29 ans, longé par le Mur qui le laissa dans le secteur ouest de la ville. Histoire mouvementée que celle de ce lieu. L'édifice est restauré à plusieurs reprises et, au moment de la réunification allemande, Norman Foster reçoit le mandat de réhabiliter le bâtiment et le surmonte d’une coupole vitrée.





J'ai pu réserver une visite guidée des lieux depuis la Suisse. Les contrôles de sécurité sont drastiques et on peut le comprendre. Enfin, après une demi-heure d'attente, je peux pénétrer dans le bâtiment. Le guide, dans un excellent français, nous explique le fonctionnement des institutions allemandes dans la salle plénière située sous la coupole.



Il nous montre également d'autres endroits marqués par l'histoire.


Graffitis laissés par les soldats russes qui prirent Berlin en 1945


Oeuvre d'un artiste français... sur ces petites boites, le nom de tous les députés allemands depuis la fin de la 1re guerre mondiale



Un tunnel... a-t-il servi aux auteurs de l'incendie du Reichstag en 1933 ?


A la fin de la visite guidée, j'emprunte la rampe en spirale qui me mène à la terrasse, située au sommet de l'édifice d'où j'ai une vue panoramique sur tout Berlin.



Près du Reichstag, s’élèvent d’audacieuses constructions de béton et de verre qui abritent les différents offices gouvernementaux ainsi que la chancellerie.


La Chancellerie






Continuant ma balade à pied, je me retrouve face à la Porte de Brandenburg, autre monument emblématique de la ville.



Pendant plusieurs décennies, c'était un cul-de-sac. Il fallait se contenter d'observer la porte depuis le Mur mais cette époque est aujourd'hui révolue. On peut flâner sous ses arches et les traverser pour longer la célèbre artère Unter den Linden où se succèdent des édifices impressionnants commandés par les Hohenzollern.


L'ancien palais construit en 1780



Cette caserne "Neue Wache" est aujourd'hui un mémorial dédié aux victimes de la seconde guerre mondiale, de la dictature et du régime est-allemand

Mais qu'on ne s'y trompe pas. Ces batiments ont tous été reconstruits ou rénovés. Les bombardements durant la guerre ont détruit le 80% de la ville!

Je passe encore un certain temps au musée historique allemand avant de rejoindre mon hôtel.


L'escalier de verre de l'architecte I. M. Pei fait partie de l'extension du musée


La bibliothèque engloutie (bibliothèque aux étagères vides) sur Bebelplatz pour rappeler l'autodafé de 1933

Il est déjà 18h00, la nuit est tombée depuis deux heures. Je dois prendre possession de ma chambre, manger une "bricole" avant de ressortir. En effet, j'ai réservé une place pour un concert au Berliner Dom : le requiem de Mozart. J'ai beaucoup baguenaudé pendant la journée et je jouis pleinement de ce très beau moment musical.

Dimanche 26 novembre 2017

J'ai prévu de faire une visite guidée et je me rends au rendez-vous sur la Potsdamerplatz. En 1989, quand le Mur est tombé, la place et ses alentours formaient une vaste friche au coeur même de la ville. Pour la rebâtir. on a fait appel à des fonds privés. Aujourd'hui, un quartier très moderne est né.





Il reste, malgré cette métamorphose, quelques vestiges du Mur qui coupait la place en deux.




Un mirador

Avant d'atteindre la Potsdamerplatz, je passe par le Mémorial de l'holocauste.




Champ de 2711 stèles de tailles différentes de l'architecte Peter Eisenman

Ici, à Berlin, il y a partout des signes rappelant l'histoire de la ville et de l'Allemagne sous le régime national-socialiste ou durant la guerre froide. On peut ne pas y faire attention, les ignorer mais c'est presque impossible.

Notre guide nous emmène au Mémorial du Mur à la Bernauerstrasse, inauguré le 13 août 2011, soit 50 ans après l'érection du Mur. Il s'agit du dernier tronçon du Mur de Berlin encore conservé dans son intégralité, avec mur intérieur, chemin de ronde, miradors et "no man's land".




No man's land




Portraits de personnes qui ont perdu la vie en voulant rejoindre l'ouest


Une famille a réussi


Nous terminons la visite par East Side Gallery. Dans un décor de friche industrielle, 1300 mètres de Mur. En le longeant, on découvre une galerie (d'art) à ciel ouvert; de nombreux artistes d'origines diverses ont réalisé une fresque évoquant la division de la ville.







Je m'y attarde un peu avant de reprendre un S-Bahn pour le centre-ville. Je tiens à visiter "Tränenpalast", le palais des larmes, dans le langage populaire. En réalité, il s'agit d'un ancien poste frontière qui recèle encore des traces du temps de la division allemande. Cet endroit nous met en situation : processus de contrôle, démarches douanières. Tampons, passeports, visas et toutes sortes de formulaires témoignent de la complexité du passage de la frontière.



Ce lieu m'a marqué émotionnellement : l'atmosphère était à la surveillance et aux chicanes : temps d'attente de plusieurs heures au contrôle des passeports, ton cinglant des contrôleurs auxquels s'ajoute la peur de se voir refuser arbitrairement l'autorisation de quitter le territoire.






Lundi 27 novembre 2017

Au centre de Berlin se trouve une concentration de musées peu commune. Ceux-ci renferment d'ailleurs l'une des plus riches collections d'art au monde.
Mon intention n'est pas de tous les visiter aujourd'hui, ni même de tout voir dans ceux sur lesquels j'ai jeté mon dévolu.
Je commence par le Nouveau Musée et m'attarde particulièrement sur la collection égyptienne. Je peux enfin voir de visu le célèbre buste de la reine Nefertiti, découvert à Amarna en 1912.



Ma visite continue au musée de Pergame, connu mondialement pour ses reconstructions historiques monumentales. Je suis fascinée devant la porte d'Ishtar, l'une des 8 portes de Babylone, qui date du 6e siècle av. J.C.



Je passe ensuite à la porte du marché de Milet (100 apr. J.C.).



C'est gigantesque et surtout impressionnant de voir ces constructions antiques reconstituées à l'intérieur d'un musée.
Et l'autel de Pergame ? élément incontournable du musée, l'une des oeuvres les plus admirables de l'Antiquité... je ne le verrai pas, la salle est en restauration!

Après avoir quitté l'île aux musées, je rejoins à pied l'Alexanderplatz, centre névralgique au temps de la RDA, entourée d'immeubles à l'esthétique plus que douteuse, à l'image même de l'urbanisme de l'ex-RDA.
La tour de la télévision inaugurée en 1965, la fierté du régime est-allemand, est l'emblème de la place. Je décide d'y monter pour admirer la vue sur Berlin. Un ascenseur me catapulte en un rien de temps au sommet. Le panorama est exceptionnel.




Les immeubles de l'ancienne RDA


L'ancien Interhotel Stadt Berlin où descendaient les délégations au temps de la RDA, devenu aujourd'hui le Park Inn-hotel

Après cet intermède, comme je suis dans la partie est-allemande de la ville, j'en profite pour visiter le petit musée de la RDA. Intéressant, il donne un aperçu de la société et de la culture durant la guerre froide : la consommation et ses prix contrôlés, les difficultés pour se ravitailler, les services secrets... On a également reconstitué un appartement-témoin qui me fait penser à celui que j'avais vu dans le film "Good Bye Lenin".

La journée a été une fois de plus bien remplie. Les lumières du marché de Noël de Gendarmenmarkt m'attirent.



J'y fait un tour et j'en profite pour manger un "langos", une spécialité hongroise. Il s'agit d'une sorte de pain en forme de galette, cuit dans l'huile. On me le recouvre encore de crème aigre et de fromage. Je me régale et, contre toute attente, mon estomac l'a digéré sans problème.

Mardi 28 novembre 2017

Je quitte Berlin, je me mets au vert pour une journée. Aujourd’hui, je rejoins Potsdam en S-Bahn, la banlieue résidentielle huppée de la capitale. Mais ce n’est pas pour cela que je m’y rends; j'ai envie de voir le palais de « Sans-Souci », résidence d’été de Frédéric II.


Façade majestueuse, côté jardin




La tombe de Frédéric II dans les jardins

Je ne me doute pas qu’il y a, en fait, un deuxième château ainsi qu’un parc gigantesque qui va de l’un à l’autre. En hiver, le parc ne paie pas de mine, aucune fleur n’égaie le paysage et les statues sont emprisonnées dans des caisses pour les protéger du gel. Je ne m’attarde donc pas dans les jardins ni devant le « Neues Palais » aux dimensions démesurées. Le roi voulait, paraît-il, montrer la puissance économique de la Prusse.





Je ne visite donc que Sans-souci aux dimensions plus modestes, résidence d'été de Frédéric II où Voltaire séjourna de 1750 à 1753.

Mon excursion à Potsdam se termine par la visite du château « Cecilienhof ». C'est cette résidence du fils aîné de Guillaume II qui accueillit, en 1945, la conférence de Potsdam durant laquelle Churchill, Truman et Staline décidèrent du sort de l'Allemagne vaincue.





Je retourne tranquillement au centre ville en passant par le quartier hollandais. Il fait déjà nuit bien qu'il soit à peine 16h15. Je m'attarde un peu au marché de Noël, déjà très animé, (deux jours après mon passage, il fut en partie évacué à cause d'une alerte à la bombe!) avant de retourner à Berlin.

Mercredi 29 novembre 2017

Déjà le dernier jour : il fait beau. Je décide de faire une nouvelle visite avec « Vive Berlin ». Mon expérience de dimanche dernier était concluante. Cette coopérative est formée de personnes compétentes aussi bien en histoire qu’en histoire de l’art. De plus, les circuits proposés sont originaux de par la personnalité de chacun des intervenants.

Aujourd’hui, le thème proposé est : "Berlin sous le nazisme, à l’ombre de la dictature". Julien, notre guide du jour, nous emmène sur les lieux de la répression dans le quartier gouvernemental de l’époque pour nous faire comprendre les mécanismes de cette dictature.


Autrefois ministère de l'aviation; aujourd'hui ministère fédéral des finances


Il nous rappelle les faits historiques mais s’attarde surtout sur le travail de mémoire des Allemands concernant ce lourd passé. Ces années de terreur ont existé, il faut le savoir mais la jeunesse n’est en rien responsable de ce qui s’est passé. Mais, à Berlin, partout, des lieux rappellent cette période.

Pour la petite histoire, Julien nous parle de sa belle-famille. C’est l’histoire de personnes anonymes: son beau-père, né en 1937, a fait partie des jeunesses hitlériennes parce qu’on ne pouvait faire autrement, on était enrôlé d’office. Sa belle-mère est née en 1942 dans un « Lebensborn » (association créée dans le but d'accélérer la création et le développement d'une race pure) en Autriche. Ils vivent encore et toujours avec des souvenirs douloureux. Elle ne connaît ni son père, ni sa mère. Cette triste période est encore bien présente.

La deuxième partie de la visite se passe dans l’ancien quartier juif. Le premier édifice qui accapare le regard en sortant du métro est la « nouvelle synagogue », construite au 19e siècle.



Elle a peu souffert du pogrom de la Nuit de Cristal: le commissaire du quartier ayant tenu les SA éloignés… l’édifice fut ainsi sauvé. Sa façade de style mauresque et sa coupole dorée en ont fait un des monuments emblématiques de Berlin. Un peu plus loin, se tenait autrefois une maison de retraite juive. A partir de 1942, elle servit à la Gestapo de lieu de rassemblement pour les derniers Juifs berlinois destinés à rejoindre les camps.

Niché dans une ruelle à peine visible, le petit musée de l’entreprise d’Otto Weidt. Ce dernier dirigeait une fabrique de balais et de brosses, employant des sourds et des aveugles, juifs et non juifs. Pendant des années, il réussit à protéger ses employés, soudoyant des officiers de la Gestapo pour les faire relâcher . Plusieurs pièces de l’atelier d’origine relatent la vie de ces ouvriers.

C’est dans ce quartier que j’ai vu pour la première fois les pavés de béton ou de métal encastrés dans le sol, les « Stolpersteine »...



... de l’artiste Gunter Demnig, qui rappellent la mémoire d’une personne déportée. Ces cubes se trouvent devant leur dernier domicile.



La famille Raesener vivait là




Voilà la visite se termine …

Je quitte le groupe pour me rendre à « l’église du souvenir » Kaiser-Wilhelm- Gedächtniskirche. Les bombes la détruisirent en 1943 et ne laissèrent que le clocher décapité. La ruine a été partiellement conservée, intégrée à un nouveau bâtiment et transformée en mémorial consacré à la paix et à la réconciliation.



Les jambes deviennent lourdes et les pieds commencent à me faire souffrir… mais je ne peux quitter Berlin sans avoir fait les magasins et, plus particulièrement le KaDeWe…, c’est gigantesque! Je crois que je n’ai jamais rien vu de si grand! Je me balade d’un étage à l’autre mais finalement décide de rejoindre l'hôtel pour me reposer un peu avant mon départ vers 23h00.


East Side Galery


La célèbre Traby, la voiture mythique de l'ex-RDA; les voitures d'origine étaient moins colorées!


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Semaine à vélo au Pays de la Loire (suite et fin)

Rédigé par Martine - -
Dimanche 10 septembre


La Tour de la Lanterne

Plus de vélo… nous reposons nos mollets et nos fesses… Nous commençons la visite de La Rochelle par une grimpette jusqu’au haut de la tour de la Lanterne, dernier phare médiéval de la côte atlantique. Elle fut aussi prison et renferme ainsi une multitude de graffitis sculptés par les détenus au cours du temps. A plus de 50m de hauteur, nous bénéficions d’une vue à 360 degrés sur la ville et son port.







Nous longeons ensuite les remparts jusqu’au pied des tours de la Chaîne et St Nicolas. Toutes deux veillaient, autrefois, sur l’entrée du vieux port, surveillant le mouvement des bateaux, percevant les taxes.



Ces deux tours témoignent de la puissance et de la richesse de la ville à travers les siècles.

En ce dimanche matin, le port est déjà très animé à l’heure de l’apéro. Nous empruntons l'ancienne porte de l'enceinte qui séparait le dit port de la cité.


La Grosse Horloge

Notre balade se poursuit à l’intérieur de la vieille ville. Des rues, bordées d'arcades nous rappelant la vocation marchande de la cité, nous amènent jusqu’aux Halles du 19e siècle. Lieu de promenade incontournable. Que d’odeurs et de couleurs! Je suis toujours subjuguée par ces étals débordant de produits frais et amusée par les cris des marchands interpellant les chalands, les persuadant d'acheter leurs poissons, viandes ou encore fruits et légumes.



Tout le monde se disperse… les uns recherchent des fruits, d’autres des produits régionaux, d’autres encore s’accordent une douzaine d’huitres accompagnées d’un petit vin blanc en tout point exquis.
Après un repas moules pour certains et crêpes pour d’autres et ceci face à l’océan, nous déambulons le long des quais. Il est temps, finalement, de rejoindre l’hôtel où nous prenons le bus qui nous ramène à Nantes. Arrivés à destination, nous prenons congé. Pour Monique et moi, il est temps de retrouver le camping-car.

Lundi 11 septembre

Nous quittons notre véhicule dans la matinée, l’intention étant de visiter le centre historique de Nantes: nous suivons donc la ligne verte que l’office du tourisme a bien voulu dessiner au sol pour que les touristes puissent admirer les lieux de la cité sans avoir toujours le nez sur le plan de la ville (et c’est très agréable): ainsi, nous entrons dans l’église St-Nicolas...



Extérieur néo-gothique


Nef élancée et lumineuse

... nous longeons quelques rues commercantes et admirons deux places importantes de la ville: la place Royale et la place Graslin où s’élève le grand théâtre. Nous atteignons finalement le passage Pommeray.










Cette galerie couverte, sur trois niveaux, atteints par un escalier de bois et de métal, est un lieu exceptionnel. Déception: en ce lundi matin, les magasins sont fermés et nous ne pouvons que saliver en voyant à travers les vitrines les petits gâteaux nantais, les kouing amann… En fait, il vaut mieux que tout soit fermé… nous évitons des achats inconsidérés !.





Mais nos amis nantais, Anne-Marie et Thierry, nous attendent à la cathédrale. Soucieuses d’arriver à temps, nous jetons en chemin un rapide coup d’oeil à la brasserie La Cigale sans pouvoir nous y attarder. Nous arrivons cependant très en avance et pouvons admirer l’intérieur de l’édifice religieux de style gothique et, notamment, l’oeuvre maîtresse, le tombeau de François II et de Marguerite de Foix, duc et duchesse de Bretagne, commandé par leur illustre fille Anne de Bretagne.


La cathédrale



Nos amis nous emmènent dans le quartier de Trentemoult pour déjeuner. Nous nous y rendons avec le Navibus. Pour faire quelques photos, nous montons sur le pont supérieur mais il faut s’accrocher car le vent est quasi tempêtueux .





Nous longeons l’ile de Nantes où se trouvaient les anciens chantiers navals. Aujourd’hui, les seuls vestiges existants sont d’anciens hangars réinvestis par les acteurs de la vie culturelle nantaise et une grue… D’ailleurs, dimanche passé, nous avons visité les Machines de l’île avec Danielle, avant l’arrivée de nos amis cyclistes. Dans d’anciens ateliers sont créées des créatures fantastiques dont le grand éléphant.




L'araignée


La chenille

Après cette parenthèse, j’en reviens à Trentemoult, village de pêcheurs à l’origine qui est devenu l’endroit branché de Nantes. Le repas est très bon et nous passons surtout un moment convivial avec nos amis.





Au retour, nous passons au Mémorial de l’abolition de l’esclavage. Nantes a été au 18ème et 19e siècles un des ports négriers les plus importants de France. Lourd passé qui colle encore à la ville. Un travail de mémoire pour la reconnaissance et l’acceptation de ce passé a été entrepris; il a justement conduit à la réalisation de ce musée. Dans ce passage souterrain symbolisant l’enfermement des esclaves dans les cales des navires, sont gravés des textes liés à l’abolition de l’esclavage.





Nous nous baladons encore un peu dans l’ancienne île Feydeau en suivant toujours la ligne verte; nous admirons les hôtels particuliers et nombre de maisons construites par les armateurs et autres négociants ayant profité de l’odieux commerce triangulaire.
De retour au camping-car, nous décidons de rester un jour de plus à Nantes. Nous n’avons pas encore vu le château des ducs de Bretagne.

Mardi12 septembre

Nous désespérions d’avoir un peu de soleil mais il pointe le bout de son nez ce matin. Nous nous en contentons… Nous prenons le tramway pour le centre-ville et nous dirigeons vers le château des ducs de Bretagne construit à l’origine au bord de la Loire. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Nantes a, au 20e siècle, comblé les bras du fleuve.





Nous prenons des audioguides pour une visite dont le thème est non seulement le château et aussi l’histoire de la ville de Nantes au cours du temps. Nous sommes passionnées par tous les renseignements reçus et tellement intéressées que nous passons trois heures à déambuler dans ces lieux. Le soleil étant toujours de la partie, nous empruntons le chemin de ronde de la forteresse du 13e siècle qui semble protéger le palais Renaissance de François II et d’Anne de Bretagne.





Nous ne pouvions quitter la ville sans gâteau nantais si bien que nous retournons dans la rue Crébillon pour acheter quelques douceurs. Le centre ville paraît très agité. En lisant une affiche, nous comprenons tout de suite l’origine de ce tumulte : la CGT a organisé une manifestation contre la nouvelle loi du travail… ça recommence… les grèves en France !



Nous voilà obligées de retourner à pied au camping-car. Plus aucun tram, ni bus ne fonctionnent en ville. Nous profitons de cette perturbation pour visiter, au passage, l’ile de Versailles. Un jardin japonais y a été aménagé.
Au sortir de cet endroit paisible, nous avons le plaisir de voir que les trams n’ont pas cessé leur trajet de cet endroit jusqu’à la périphérie de la ville. Heureusement pour nous car nous aurions dû marcher encore quelques kilomètres!!! Nous retrouvons notre véhicule et quittons la ville.
Elle nous a beaucoup plu par son dynamisme: bâtiments anciens réhabilités, musées modernes. Cette ville semble en mouvement, tournée vers l’avenir … elle donne envie de la découvrir et d'y revenir.
Au vu de la météo annoncée pour les prochains jours: pluie, vents soutenus et températures très basses, nous renonçons à aller passer quelques jours sur l’ile de Noirmoutier et prenons le chemin du retour.
Nous roulons quelques dizaines de kilomètres pour nous arrêter à Saumur. Nous y avons repéré un camping. Il est malheureusement complet et l’aire de camping-car attenante ne m’inspire pas. Nous venons d’en quitter une à Nantes et j’aspire à un coin tranquille et accueillant. Nous le trouvons à quelques kilomètres de St-Florent/ St-Hilaire. Isolé, calme et surplombant la Loire… le camping est quasi désert! Presque un rêve….

Mercredi 13 septembre



Il a adoré les calins !

Nous quittons le camping et faisons une halte au Cadre Noir de Saumur pour visiter l’institution; datant du 19e siècle, celle-ci avait pour mission de former des officiers de cavalerie. Aujourd’hui, passée d’un statut militaire à un statut civil, l’école est chargée d’assurer le maintien et le rayonnement de l’équitation française.





Après avoir pu admirer de magnifiques étalons et pouliches et suivre le travail des écuyers, nous nous mettons en route pour « avaler » quelques centaines de kilomètres. En fait, nous nous arrêtons déjà près d’Azay le Rideau (nous avons fait 50 km) pour visiter un château privé des bords de l’Indre : le château d’Islette.





C’est au hasard d’une brochure trouvée à Saumur que nous découvrons ce château Renaissance qui nous était inconnu. Camille Claudel et Rodin y ont séjourné plusieurs étés. Rodin y travailla son fameux Balzac et Camille Claudel y sculpta la « petite châtelaine « .
L’endroit devait donc être plein de charme. Et, en effet, le portique d’entrée passé, nous entrons dans un magnifique jardin fleuri, traversé par l’Indre. Nous flânons dans le parc puis pénétrons dans le château. L’intérieur est surprenant par le fait que nous visitons un manoir, lieu de vie durant 7 mois de l’année de ses actuels propriétaires. Le moyen âge et le 21e siècle s’y côtoient notamment par l’aménagement de la cuisine et des salles de bain. Le cadre ainsi que le mobilier sont anciens mais tout le reste a été modernisé pour qu’une famille puisse y vivre agréablement.

La journée étant déjà bien avancée, nous nous installons au camping d’Azay le Rideau… quelle chance, il y a de la place!

Jeudi 14 septembre

Cette fois, il faut se rapprocher de la Suisse. Nous sommes bien disposées à atteindre Beaune dans la journée. Le défi est réalisé en moins de 4 heures. Nous souhaitions nous installer au camping de Satigny lès Beaune mais aucune place disponible. Le lieu affiche complet et à l’aide du GPS nous trouvons sans peine l’aire pour camping-car. Il n’y a que 5 places. Les camping-caristes ont squatté le parking avoisinant… ils sont déjà quelques dizaines. Le lieu n’est pas idyllique mais, pour une nuit, nous nous en contenterons. Nous sommes un peu médusées. Depuis le début de notre voyage, nous rencontrons des difficultés pour nous installer; il y a du monde partout.

Monique trouve en ville une coiffeuse et j’en profite également. Après quoi, n’étant pas motivées à retourner au camping-car, nous prenons l’apéro dans un bar fréquenté par les habitants du lieu (notre coiffeuse dixit), très sympa d’ailleurs.

Nous dénichons également un excellent petit restaurant. Le repas est succulent mais, à notre âge, trop copieux avec le dessert. La rentrée à pied est donc bienvenue et, ce, malgré le froid.

Vendredi 15 septembre

Nous quittons Beaune sans regret et parcourons les derniers kilomètres qui nous séparent de Prêles où nous arrivons dans l’après-midi . Voilà pour notre déplacement en Loire Atlantique… vous savez tout ou presque... A bientôt. .
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Semaine à vélo au Pays de la Loire (suite)

Rédigé par Monique - -


Première étape: 65 km, de Nantes à St.Brévin-les-Pins.


À 9 heures, nous attendons tous devant l’hôtel l’arrivée de la camionnette qui doit nous amener nos vélos. Chacun arbore la tenue cycliste idoine, à l’exception de François: ses vêtement de sport sont dans la valise de Françoise, quelque part entre Genève et Nantes! Les copines ont mis à disposition de l’infortunée maillot, short, sweat. François, lui, a estimé que la tenue jeans, T-shirt irait très bien pour pédaler. À 10h30, chacun a ajusté la hauteur de sa selle et nous sommes prêts au départ.


Nous immortalisons le départ devant le château des Ducs de Bretagne.

La sortie de Nantes, comme de toutes les grandes villes d’ailleurs, n’est pas une partie de plaisir. Sur des pistes cyclables ou sur des routes partagées, nous longeons une zone portuaire à forte densité industrielle et commerciale pendant une heure environ. Un bac nous permet ensuite de traverser la Loire en quelques minutes et de poursuivre notre route dans un environnement calme et verdoyant. Nous longeons sur 15 km le canal de La Martinière achevé en 1892 pour contourner une portion du fleuve dont les hauts-fonds rendaient la navigation difficile. En 1913, il fut abandonné car il n’était pas assez profond pour recevoir des cargos toujours plus grands. Aujourd’hui, il permet d’irriguer les cultures du Sud de la Loire et c’est un havre de paix pour les oiseaux. D’un œil, je regarde la route et de l’autre je surveille le canal, prête à stopper pour observer un héron, des canards ou des grèbes, hôtes fréquents de ce site. Bientôt, l’estuaire s’élargit et nous apercevons sur l’autre rive de la Loire les raffineries, les zones portuaires et industrielles de St.Nazaire ainsi que le pont construit au début des années 1970 à l’embouchure du fleuve.




Nous faisons un long arrêt pour admirer la silhouette de cette construction très aérienne mais dont les concepteurs ont oublié les piétons et les vélos: un mini-trottoir et pas de piste cyclable aménagée pour passer d’une rive à l’autre.


Le pont n'est ni plat .....


.... ni droit !

Nous nous remettons en selle et nous suivons tranquillement une promenade aménagée le long de l’océan qui nous conduit quasiment jusqu’à notre hôtel. Au passage, nous faisons un petit arrêt pour regarder de plus près le Serpent d’océan. C’est une sculpture monumentale en aluminium, longue de 130 m qui représente un squelette de serpent de mer imaginaire. Si la marée est haute, seules la tête et le haut des vertèbres dépassent de l’eau. À marée basse, on peut en faire le tour à pied.




2e étape: 57 km, entre St.Brevin-les-Pins et Bouin

L’étape commence par la traversée de St.Brévin, entre mer, pins, dunes, villas et campings occupés en grande partie par des mobilhomes ou des chalets. Durant toute la semaine, nous avons été frappés par la concentration de ces « villages de vacances » qui enlaidissent les bords de mer. En fin de matinée, nous arrivons à Pornic, joli port de pêche. Nous cadenassons nos vélos et, au gré de nos envies, nous allons flâner dans les ruelles, le long des quais jusqu’au château ou dans les boutiques.


Le port à marée basse

Un rayon de soleil éclaire la petite ville



Château élevé au 13e et 14e siècle

De Pornic à Bouin, nous pédalons entre marais salants en grande partie abandonnés, littoral et polders. Nous passons à côté de parcs à huîtres et de canaux que surplombent des carrelets, filets de pêche montés sur deux cerceaux croisés suspendus à une perche.




Des chevaux de race vendéenne s'ébattent sur ces marais asséchés.

Paysage désespérément plat, monotone. Les 12 derniers kilomètres de cette étape nous paraissent interminables: nous devons pédaler contre un fort vent. Pour nous réconforter, nous sommes accueillis dans un hôtel appartenant à la chaîne Relais du Silence. Cette demeure du 18e siècle est située dans un joli parc arboré avec piscine. Malheureusement, le temps et la température n’incitent pas à la baignade.

3e étape: 66 km de Bouin à St. Jean de Monts

L’étape du jour commence par un crochet au port des Brochets où nous assistons à la mise à l'eau des bateaux des ostréiculteurs partant collecter leurs paniers chargés du précieux butin. Ils suivent un chenal sur quelques centaines de mètres avant d’arriver à l’océan.





Après moult zigzags dans un environnement identique à celui de hier après-midi, nous arrivons au passage du Gois qui relie l’île de Noirmoutier au continent. Praticable uniquement à marée basse, cette route de 4,5 km est submergée par la mer deux fois par jour. Jusqu’en 1971, date d’ouverture à la circulation d’un pont entre Fromentine et l’île, c’était le passage obligé pour s’y rendre. Actuellement, c’est une curiosité touristique et la circulation y est dense, même à cette période de l’année. Pour notre part, nous nous contentons d’y faire une pause-café car le détour par Noirmoutier rallongerait le parcours.


Et non, ce n'est pas notre camping-car engagé sur le passage du Goin: le nôtre est au repos à Nantes!


Après cet arrêt bienvenu, nous repartons pour une quarantaine de kilomètres jusqu'à St.Jean-de-Monts, où nous arrivons aux alentours de 16h. La dernière partie du parcours est très agréable: nous progressons dans la forêt de pins, sur un sol naturel et un terrain légèrement accidenté. Ça nous change des étendues plates des marais!



Après avoir récupéré nos bagages et les avoir déposés dans nos chambres, Evelyne, Martine et moi, nous nous dirigeons d’un pas décidé vers la plage. Comment résister au plaisir de courir dans les vagues de l’océan, de plonger avant qu’elles ne déferlent puis de se laisser porter par la houle lorsque l’on a passé derrière les rouleaux? La plage est quasiment déserte, d’une grande propreté, le sable doré et fin … et il y a si longtemps que je ne m’étais plus baignée dans les vagues de l’Atlantique... C’est toute une période de ma vie qui refait surface. Sitôt hors de l’eau, nous nous séchons avec vigueur et nous retournons à l’hôtel pour prendre une douche chaude avant d’aller manger.

4e étape: 56 km, de St.Jean de Monts aux Sables d’Olonne

Cette étape est, à mon avis, la plus belle de tout le parcours: 100% mer, plage, forêt et dunes sur des pistes ou des routes secondaires peu fréquentées. À St.Gilles-Croix-de-Vie, cité balnéaire réputée, nous faisons une halte pour acheter notre pique-nique et nous dégourdir les jambes le long de la rue piétonne.
Notre hôtel aux Sables d’Olonne est situé dans la vieille ville, à proximité immédiate de la rue de l’Enfer, interdite aux fortes carrures: c’est la rue la plus étroite du monde, inscrite au livre Guinness des records. Dans ce quartier, il n’y a pas que les rues qui sont exiguës: les chambres de notre hôtel sont si petites qu’il est impossible d’ouvrir sa valise ailleurs que sur le lit! Très pratique lorsque l’on va dormir! Malgré le ciel gris et le vent, Martine et moi décidons de retourner nous baigner, accompagnées aujourd’hui par Ursula et Françoise qui a enfin récupéré sa valise et, par la même occasion, son maillot de bain. La baignade est moins fun que celle de hier: une grande jetée protège la plage des vagues et l'eau est plus fraîche. Avant l’apéro, offert par Françoise qui fête l’arrivée de sa valise, nous allons faire un tour dans le quartier de l’île Penotte, dont les façades sont joliment décorées de mosaïques faites de coquillages.



5e étape : 56 km, des Sables d’Olonne à La Tranche sur Mer.

Nous partons comme les autres jours à 9 heures, mais équipés aujourd’hui de nos imperméables: il tombe une petite pluie fine. L’averse de dure pas, mais à plusieurs reprises durant la journée, nous essuierons des grains comme disent les Bretons.
Début de parcours en bordure de mer, où les plages et les criques rocheuses se suivent. Il était prévu de faire un crochet jusqu’au port de la Guittière pour y déguster des huîtres. Malgré l’oeil de lynx de Danielle qui a pour tâche durant toute la semaine de repérer les panneaux de signalisation de Vélodyssée, nous tournons en rond et les huîtres passeront sous le nez des amateurs.
Nous nous arrêtons pour la pause pique-nique face à l’océan, à proximité immédiate de la Maison de Clémenceau à St.Vincent-sur-Jard. La visite de la résidence de cet homme politique français, acteur important de la première guerre mondiale, n’intéressant pas tout le monde, le groupe se scinde en deux: les uns se rendent directement à l’hôtel et les autres se plongent dans l’atmosphère rétro de cette demeure toute simple (une ancienne cabane de pêcheurs) que « le Tigre » louait pour y passer sa retraite. Entre sa maison et l’océan, dans son « jardin fou » comme il l’appelait fleurissent en cette saison des Gauras qui se mêlent à la végétation des dunes. Plus organisés, les jardins qu’il créa avec l’aide de son ami Claude Monet associent fleurs et arbustes.





Après la visite, nous nous remettons en selle et activons le turbo. Le parcours est fléché à travers une forêt de pins et de chênes verts et quelque peu accidenté. Une fin de journée où nous mouillons nos maillots!

6e étape: 81,7 km de la Tranche-sur-Mer à La Rochelle

Au départ, Danielle nous briefe: « l’étape d’aujourd’hui est longue, on doit absolument arriver avant 18h à La Rochelle, heure à laquelle l'agence vient récupérer les vélos; chacun devra donc cravacher sa monture! ». Ce qui fut dit fut fait: nous parcourrons 81,7 km en 6 heures, soit une moyenne horaire de 13,7 km/h. Un record pour notre petite équipe!
Ce matin, à nouveau, une petite pluie nous accompagne, nous obligeant à enfiler nos survêtements imperméables … que nous ôterons quelques kilomètres plus loin …pour les remettre à nouveau et cela plusieurs fois durant la journée.






L'équipement d'Eric me semble quelque peu excessif !

La plus violente de ces averses nous surprend un peu avant midi. Danielle repère une grange sous laquelle sont entassées des bottes de paille. Nous nous y précipitons et nous en profitons pour manger notre sandwich à l’abri.

Aujourd'hui, nous pédalons toute la journée loin de la mer, ce qui me contrarie quelque peu. Nous traversons à nouveau de vastes étendues de marais, dits desséchés, car ces terres, gagnées sur la mer, furent endiguées et drainées. On y cultive des céréales, du maïs, des tournesols. Mais à cette saison les champs sont bruns et les tournesols, fanés et desséchés, ont piètre allure. Quelques moutons paissent ici et là, on ne voit que très peu de fermes, on ne traverse pas de villages. Nous pédalons sur des petites routes défoncées ou des chemins caillouteux et l’absence de suspensions sur mon vélo est source de douleurs lombaires.


Tiens, quelqu'un a chuté ...


C'est Danielle qui, visiblement, ne s'est pas fait mal.


La voilà prête à repartir. !

Après les marais desséchés, le parcours suit, sur 24 km, un canal désaffecté. Pour tromper son ennui, il ne reste qu’à pédaler en imaginant les voitures attelées, les bateaux et les trains qui le fréquentaient jadis… Lorsque nous arrivons dans l’agglomération de La Rochelle, je pousse un soupir de soulagement et ... je ne suis pas la seule !

Un rayon de soleil nous accueille au vieux port. Notre attention est attirée par un grand nombre de personnes qui stationnent au bord d’un bassin. Nous mettons pied à terre, nous nous approchons et nous comprenons alors la raison de cet attroupement: deux vieux gréements battant, l’un pavillon russe et l’autre tchèque, sont amarrés.



L’équipage est vêtu de costumes d’époque et, moyennant finance, les quidams peuvent monter à bord et visiter les navires. Nous nous contentons de les admirer car notre hôtel se trouve quelque peu excentré et il reste quelques kilomètres à parcourir avant de dire adieu à notre moyen de locomotion de ces derniers jours. L’objectif fixé ce matin par Danielle est dépassé : nous sommes arrivés bien avant 18h. Pour la petite histoire, je vous dirai que les vélos ont été embarqués le lendemain avec nous pour être ramenés à Nantes.

Douchés et changés, nous repartons à pied en ville en empruntant la promenade aménagée en bord de mer. Il fait beau, c’est samedi, beaucoup de monde flâne sur les quais, les terrasses sont bondées. Avec ses ports, ses tours, ses ruelles bordées d’arcades, La Rochelle donne envie d’y passer quelques jours. Malheureusement, nous ne pourrons lui en consacrer qu’un seul avant de regagner Nantes.
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Semaine à vélo au Pays de la Loire

Rédigé par Monique - -


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Martine, Danielle et moi partons en éclaireuses mercredi 30 août avec le camping-car. Nous faisons un arrêt prolongé à Cluny, actuellement petite cité bourguignonne mais qui fut, au Moyen Âge, un haut lieu de spiritualité de l’Occident. La basilique, qui a compté jusqu’à 460 moines, a été saccagée pendant la Révolution. Actuellement, il ne reste plus de cette riche cité monastique que de maigres fragments, néanmoins intéressants. Du haut de la tour des Fromages et, à l’aide de panneaux explicatifs, on imagine l’extension de Cluny à l’époque de son apogée.


Le clocher de l'ancienne abbaye



La vieille ville de Cluny vue depuis la tour des Fromages



L'ancien cloître



Les jardins de l'abbaye



Les fenêtres du clocher sont caractéristiques de l'Art Roman



Lorsque l'on se promène dans la vieille ville, on observe sur certaines façades des éléments provenant de l'ancienne abbaye.

Après cette étape culturelle, nous poursuivons notre route jusqu’à Digoin où nous passons la nuit au camping. Cette ville, située au bord de la Loire, s’enorgueillit d’un très beau pont-canal de 243 mètres de long, soutenu par onze arches. Construit entre 1934 et 1838, il relie deux canaux permettant la jonction Loire-Saône.







Le lendemain, il nous reste quelque six cents kilomètres à parcourir pour arriver au Puy du Fou, but de notre deuxième étape. Un voyage que je trouve interminable, bien que la puissance de notre camping-car nous permette d’atteindre allègrement la vitesse maximale autorisée sur les autoroutes françaises.

Le Puy Du Fou est un parc de loisirs à thèmes historiques, situé en Vendée, à environ 80 km au sud d’Angers. Créé il y a 40 ans dans un immense domaine boisé de plus de 50 ha, il présente de grandes productions basées sur des éléments de l’histoire de la région du Puy du Fou. D’une manière générale, à travers les différents spectacles historiques qui sont présentés, ce sont surtout les chrétiens et les royalistes qui sont mis en scène, se battant contre leurs ennemis: Empire romain, Vikings, Anglais, Républicains lors de la guerre de Vendée…







Le grand carillon et le carillonneur sur son tabouret à une dizaine de mètres au-dessus du sol. Rassurez-vous, il porte une ceinture de sécurité!





Serpentaire




Les oies accompagnent l'ULM







Le parc est aussi un lieu de présentation des coutumes ancestrales avec un fort et un village du Moyen Âge, un autre du 18ème siècle et un Bourg 1900, tous reconstitués à l’échelle 1:1 et où travaillent des artisans formés aux techniques de chaque époque.


Extraction artisanale de fer

Le parc s’appuie également sur une école de dressage de chevaux, une académie de fauconnerie et elle abrite une école où de jeunes enfants s’initient au monde du spectacle, assurant la relève. Nous avons passé deux jours dans le parc, survolant, au gré des spectacles, les siècles, depuis la période gallo-romaine jusqu’à la Révolution française. J’ai beaucoup apprécié les mises en scène, le professionnalisme des acteurs, les décors. J’ai moins aimé les nombreux épisodes de combat à pied, à cheval, sur des bateaux qui reviennent à chaque époque. Ce n’est évidemment pas un scoop, mais ça m'a dérangée d’être confrontée à cette réalité lorsque j’assiste à un spectacle pour me distraire. C’est peut-être pour cette raison que j’ai beaucoup apprécié "Le bal des oiseaux fantômes", un spectacle plein de poésie et de calme qui se déroule dans les ruines du Vieux Château. Il met en scène des rapaces et des oiseaux rares dressés qui survolent, les rasant parfois, les spectateurs assis sur les gradins. Lorsque nous sommes arrivées au Puy du Fou, notre attention a été attirée par un grand ballon qui survolait le site. Ce n’était pas une montgolfière car il n’y avait pas de nacelle et ce n’est que le lendemain que nous avons compris: ce gros ballon fait partie du spectacle du Bal des oiseaux fantômes: c’est une grande volière, attachée au sol par des filins invisibles de loin et dont les fauconniers ouvrent les trappes durant le spectacle, libérant des oiseaux qui viennent tournoyer au-dessus des ruines du château avant de se poser sur le bras ou l’épaule d’un des dresseurs placés tout en haut des tribunes. Parfois, sur ordre du fauconnier, c’est le crâne d’un spectateur qui sert de perchoir. J’ai adoré ce spectacle.
Ce qui m’a beaucoup moins plu, c’est la foule que nous avons côtoyée durant ces deux jours: des queues en attendant que le parc ouvre ses portes le matin, des queues avant de pouvoir entrer dans l’enceinte où se
déroule un spectacle, des queues encore pour acheter de quoi se restaurer … En résumé, on passe plus de temps à attendre qu’à regarder les spectacles! Il paraît que c’est pareil à Euro Disney et à Europapark. Maigre consolation !
Autre surprise: la fréquentation de l’aire pour camping-cars gérée par le parc lui-même. Dix allées ont été aménagées pour accueillir les visiteurs camping-caristes et chacune peut accueillir une cinquantaine de véhicules. Je vous laisse faire le calcul ! En cette période de l’année, on imagine qu’il y a beaucoup de places inoccupées. Et bien détrompez-vous: les 3/4 sont occupées et en arrivant, on a l’impression de se trouver sur le parc d’exposition d’un grand importateur de camping-cars. Comme nous allons passer la journée dans le parc d’attractions et que l’on n’en est éloigné que de quelques minutes à pied, cette aire nous convient néanmoins très bien.



Le spectacle phare du Puy du Fou, c’est la Cinéscénie, un spectacle nocturne auquel nous n’avons malheureusement pas assisté car, en mars, lorsque Martine a voulu acheter les billets, ils étaient déjà tous vendus. Dommage! Ce sera peut-être l’occasion de repasser au Puy du Fou si nous retournons un jour dans la région.
Nous quittons le Puy du Fou samedi en fin d’après-midi pour Nantes où nous « abandonnerons » notre maison sur roues pour une semaine sur une aire de camping-car qui jouxte le camping de la ville.

Dimanche 3 septembre 16 h

Martine, Danielle et moi sommes installées depuis une heure dans notre chambre d’hôtel lorsque nous entendons dans le corridor des voix familières: nos amis cyclistes viennent d’arriver, avec un peu de retard sur l’horaire prévu: ils ont fait le voyage en avion et la valise de Françoise n’est pas arrivée à Nantes, ce qui a occasionné au groupe quelque souci et démarches administratives. Mais nous voici réunis et lorsque tout le monde est installé et remis de ses émotions, nous partons visiter le musée d’ Arts de Nantes, rénové récemment. Nous aurions préféré aller découvrir la vieille ville, mais il pleut à verse et nous avons opté pour le plan B. L’exposition temporaire du musée, intitulée « de l’air, de la lumière et du temps » est consacrée à une artiste autrichienne, Susanna Fritscher. Le patio du musée est entièrement occupé par 350 km de fils de silicone transparents tendus verticalement du sommet de la verrière jusqu’au sol. On se promène entre ces fils translucides qui manifestent leur présence par de légers mouvements rendant l’air visible et palpable, en franchissant des passages ménagés entre ces rideaux aériens, passages invisibles depuis l’extérieur de l’espace occupé par l’oeuvre.



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